Trois mécanismes de formation
Le brouillard radiatif est le plus fréquent en France : par nuit claire et vent calme, le sol perd sa chaleur par rayonnement, refroidit l'air à son contact jusqu'au point de rosée, et la vapeur d'eau condense en fines gouttelettes. Il se forme surtout en fin de nuit, dans les vallées et les plaines où l'air froid, plus dense, s'accumule.
Le brouillard d'advection apparaît quand un air doux et humide se déplace au-dessus d'une surface plus froide, souvent la mer ou un sol encore froid au printemps ; c'est le brouillard typique des côtes de la Manche et de l'Atlantique, qui peut persister toute la journée si le flux ne change pas.
Le brouillard d'évaporation, plus rare, se forme quand de l'air froid passe au-dessus d'une eau plus chaude : la vapeur qui s'en échappe condense aussitôt au contact de l'air froid, un phénomène visible sur les étangs et les fleuves aux premières gelées d'automne.
Pourquoi il se dissipe... ou pas
Le brouillard radiatif se dissipe en général en matinée, quand le soleil réchauffe le sol et fait remonter la température de l'air au-dessus du point de rosée ; plus le ciel est dégagé et le soleil haut, plus la dissipation est rapide, en général entre 9 h et midi. Le brouillard d'advection, lui, ne dépend pas du soleil mais du flux d'air : il peut durer toute la journée, voire plusieurs jours, tant que le vent continue d'apporter de l'air doux et humide sur une surface froide, une situation classique sur les côtes normandes et bretonnes en hiver.
En automne et en hiver, un brouillard radiatif installé dans une vallée peut aussi se transformer en brouillard givrant lorsque la température au sol descend sous 0 °C : les gouttelettes en suspension gèlent alors au contact des surfaces, formant du givre blanc sur les branches, les fils électriques et les pare-brise, un phénomène qui ajoute un risque de verglas localisé en plus de la perte de visibilité.
Les régions et vallées les plus exposées
- Vallées encaissées : la Saône, la Loire moyenne et les vallées alpines accumulent l'air froid nocturne et forment un brouillard radiatif fréquent en automne et en hiver.
- Littoral de la Manche et de l'Atlantique : brouillards d'advection fréquents au printemps et en été, quand l'air doux venu du continent rencontre une mer encore froide.
- Bassins et plaines intérieures : le Bassin parisien et le sillon rhodanien, autour de Lyon, connaissent des brouillards persistants en hiver sous conditions anticycloniques, parfois plusieurs jours d'affilée sans que le soleil ne perce.
La règle de décision sur la route
Dès que la visibilité descend sous 200 mètres, réduisez fortement la vitesse, allumez les feux de brouillard avant et arrière si le véhicule en est équipé, et augmentez largement la distance de sécurité : le brouillard trompe la perception des distances et des vitesses relatives, y compris pour des conducteurs expérimentés. Sous 50 mètres de visibilité, ce qui arrive surtout tôt le matin dans les vallées encaissées, évitez de prendre la route si possible et attendez le début de la dissipation, généralement après le lever du soleil pour un brouillard radiatif.
Autre point de vigilance : la visibilité peut varier fortement sur un trajet court, en particulier en entrant ou en sortant d'un fond de vallée. Un banc de brouillard localisé près d'un cours d'eau ou d'un plan d'eau, alors que le reste du trajet est dégagé, est une cause fréquente d'accidents en chaîne sur autoroute ; ralentissez avant d'apercevoir le brouillard, pas seulement une fois dedans.