Deux mécanismes opposés
Par temps froid, le vent accélère la perte de chaleur du corps : c'est l'effet windchill, ou refroidissement éolien. Un air à 2 °C avec un vent de 30 km/h peut donner une sensation proche de −5 °C, car l'air froid renouvelé en permanence contre la peau évacue la chaleur plus vite qu'un air calme à la même température.
Par temps chaud, c'est l'humidité qui joue : c'est l'effet humidex. Le corps se refroidit en évaporant la sueur ; plus l'air est déjà chargé en vapeur d'eau, moins cette évaporation fonctionne, et plus la chaleur devient difficile à supporter. À 32 °C avec une humidité de 70 %, le ressenti peut dépasser 38 °C.
Ces deux effets ne s'additionnent jamais dans le même sens : un jour très venté et humide en mi-saison reste rare, car un vent soutenu assèche généralement l'air qu'il brasse.
Quand l'écart devient significatif
- Froid, vent faible (moins de 15 km/h) : l'écart avec la température réelle reste inférieur à 2 °C, négligeable.
- Froid, vent soutenu (plus de 30 km/h) en dessous de 5 °C : le ressenti peut chuter de 5 à 10 °C sous la température affichée, un seuil qui justifie de couvrir les extrémités.
- Chaleur, humidité modérée (moins de 50 %) : l'écart humidex reste limité, quelques degrés au plus.
- Chaleur, humidité forte (plus de 65 %) au-delà de 30 °C : le ressenti peut dépasser la température réelle de 5 à 8 °C, un niveau qui impose de limiter l'effort physique.
Ces seuils restent indicatifs : ils s'appliquent à un adulte en bonne santé, vêtu normalement. Les enfants, les personnes âgées et les personnes cardiaques ressentent l'écart plus tôt et plus fort, dans un sens comme dans l'autre.
Pourquoi l'écart varie autant selon le lieu
Le windchill se fait surtout sentir là où le vent souffle fort et régulièrement en hiver : la tramontane qui balaie la plaine du Roussillon autour de Perpignan, ou l'exposition en altitude à Chamonix-Mont-Blanc, où le vent renforce nettement le froid ressenti sur les pistes et les sommets. L'humidex, à l'inverse, marque surtout les étés du littoral méditerranéen, où l'air reste chargé d'humidité même par forte chaleur. Sur la façade atlantique, un vent d'ouest régulier entretient au contraire un ressenti frais même en plein été sur les plages de Bretagne, souvent plus fraîches que ne l'indique le thermomètre.
Règle de décision : en dessous de 5 °C avec un vent supérieur à 30 km/h, ou au-dessus de 30 °C avec une humidité supérieure à 65 %, fiez-vous au ressenti affiché plutôt qu'à la température réelle pour décider de la tenue ou de l'effort à fournir.
Ce que cela change dans la journée
Le ressenti affiché sur chaque page de ville tient compte du vent et de l'humidité mesurés localement, pas seulement de la température de l'air. Un matin d'hiver sans vent à 3 °C paraîtra plus doux qu'une même température accompagnée d'un vent de 40 km/h, qui accélère le refroidissement du visage et des mains en quelques minutes.
En période de forte chaleur, la vigilance officielle se fonde aussi sur cet indicateur composite plutôt que sur la seule température de l'air, car c'est la combinaison chaleur-humidité qui pèse sur l'organisme. Pour les seuils précis, voir le guide sur la canicule.